Arrêté En vigueur

Arrêté ouvrant un concours pour l'hymne national du Tchad

Arrêté 60-915

Article 1

Il est constitué un concours pour la création d’un hymne national tchadien.

Article 2

Ce concours est ouvert aux librettistes ressortissants de la Communauté.

Article 3

L’hymne comportera deux couplets et un refrain. Il aura de préférence l’allure d’une marche au rythme énergique ce qui n’en exclut pas pour autant l’utilisation de tams-tams et d’instruments locaux. Les paroles seront en langue française et seront susceptibles d’être traduites ou adaptées ultérieurement en arabe ou en sara.

Article 4

L’hymne sera d’inspiration sociale conformément au thème exposé en annexe.

Article 5

L’exécution de l’hymne devra durer au minimum trois minutes et au maximum quatre.

Article 6

Les œuvres seront envoyées sous pli recommandé au directeur de l’enseignement du Tchad, avant le 30 avril dernier délai.

Article 7

Le jury sera composé de six membres :

  • Le directeur de l’enseignement ;
  • Le secrétaire général de l’Assemblée législative ;
  • Un professeur du collège Félix Eboué ;
  • Une personnalité choisie pour ses talents poétiques, musicaux et artistiques ;
  • Deux instituteurs.

Article 8

Le jury choisira les trois œuvres jugées les meilleures et les communiquera au conseil du Gouvernement qui sera chargé de les présenter à l’Assemblée législative.

L’Assemblée législative de la République du Tchad se prononcera sur l’œuvre à retenir.

Article 9

Le librettiste retenu recevra une somme de 50 000 francs CFA qui sera imputée au chapitre 29, article 4, exercice 1960 (dépenses diverses).

Article 10

Les droits d’auteur seront réservés et les textes non retenus retournés à leurs auteurs.

Thème d’inspiration pour l’hymne national tchadien

Annexe A

La devise : unité - travail - progrès que le Tchad s’est choisie en devenant une République sera le thème général de l’œuvre orientée essentiellement vers l’exaltation du civisme.

L’hymne national du Tchad doit stigmatiser la communauté de ses hommes face aux forces de la nature qui lui sont si peu favorables :

Que l’on évoque les sables brûlants du Nord et ces montagnes désertiques où l’homme semble se mesurer à l’infini, où la moindre goutte d’eau des Ouaddis est un trésor précieux, où la moindre parcelle d’ombre remplit d’allégresse, où les lentes caravanes révèlent l’éternel à ceux qui ne l’ont pas encore saisi où à toute heure du jour et de la nuit des hommes aux silhouettes hiératiques, armés de lances luisantes, se dressent face à la bête impitoyable qui surgit à l’improviste comme une incarnation de ce rude destin qui impose à tous d’être frères pour survivre.

Que l’on songe au Sud où les fleuves capricieux, mais sources de vie, ne procurent l’abondance qu’à regret bientôt réduits à un mince fil d’argent qui serpente à travers la brousse aride sous l’ardeur du soleil lourd, à cette magie de l’eau arrachée aux profondeurs de la terre qui permet au mil de dresser ses épis couleur de sang ou d’ivoire, au coton de déployer sa blancheur soyeuse contre l’éclat métallique du ciel, dans les espaces desséchés et brûlés.

Alors éclate dans une apothéose la joie que procure l’effort libéral et la gloire éternelle du travail vainqueur attestant que la foi dans l’homme et dans sa destinée parvient à dompter la nature aussi implacable soit-elle.

C’est donc, du Nord au sud, l’unité contre une nature capricieuse et le travail facteur de progrès, en définitive, ouvriront au Tchad les voies lumineuses de l’avenir.